Nostalgie quand tu nous tiens!

Comme pour pas mal d’autres choses, on voit souvent une espèce de nostalgie entourer l’Halloween. Avant, les maisons étaient plus décorées, les bonbons coûtaient pas si chers, les gens étaient plus généreux, les parents étaient plus raisonnables et envoyaient pas leurs enfants sonner à 4h de l’après-midi…. Avant, c’était donc mieux!

Je me rappelle effectivement avoir rempli des taies d’oreiller de bonbons à ras bord, avoir vu presque toutes les maisons de la rue décorées et avoir cogné aux portes pendant des heures. Je me souviens aussi des reportages sur les lames de rasoir dans des pommes, des dizaines de boîtes de raisins secs (pourquoi!?) décevantes dans ma taie d’oreiller et du pervers qui nous a demandé à mes amies et moi de danser si on voulait des bonbons.

Comme pour pas mal d’autres choses, on voit peut-être l’Halloween à travers nos yeux émerveillés d’enfant. Je l’ai passé avec mon garçon pour la première fois l’an dernier et j’ai été témoin de bien belles choses. Des parents qui aident leurs enfants et ceux des autres, des plus grands qui attendent leur tour, même si les plus petits les dépassent, des gens  prévenants qui ont des bols de bonbons, mais aussi des surprises non comestibles pour les enfants allergiques, etc. Au final, que ce soit en 1994 ou en 2019, l’Halloween reste une fête où les gens font preuve de beaucoup de générosité. Décorer sa maison, acheter des gâteries, ouvrir sa porte à des petits inconnus, juste pour le plaisir de les voir sourire, c’est beau ça!

Les costumes

La différence majeure que je perçois entre l’Halloween de mon enfance et celle d’aujourd’hui, c’est les costumes. Aujourd’hui, on remarque beaucoup de costumes achetés, prêts à enfiler, tous plus mignons ou effrayants les uns que les autres. Dans mon souvenir, on avait beaucoup moins de déguisements qui provenaient « du commerce ». Certains avaient des couturières de talent dans leur entourage, pour d’autres, c’était plus approximatif, mais il y avait beaucoup de système D dans tout ça!

Chez nous, on utilisait ce qu’on avait à la maison. On se déguisait en madame ou en princesse avec le linge de ma mère, en monsieur avec celui de mon père, en bébé (avec des pyjamas trop grands pour que ça fit par-dessus nos habits de neige), en mécanicien (merci encore, Papa!), en clown, en citrouille, en « fucké »… Ouin. Moins glorieux celui-là. C’était les années 90, pas trop sûre de ce qu’on essayait de représenter là, avec des vêtements troués et de la teinture à cheveux temporaire. Des punks? Des amateurs de grunge? Mystère! Reste que la majorité de ces costumes étaient réalisés avec des vêtements et des accessoires réutilisés ou empruntés. On achetait à peu près que le maquillage.

Et aujourd’hui?

Pour mon mini, j’ai décidé de poursuivre la « tradition » en lui créant ses costumes. J’ai zéro talent en couture, mais, on se débrouille. La première année, il était en mini Batman, avec un cache-couche reçu en cadeau, attaché par-dessus ses pantalons. J’avais découpé une cape dans un vieux chandail, attachée aux épaules avec un velcro double-face. L’an dernier, c’était un petit cow-boy : jeans, chemise à carreaux, débardeur récupéré d’un costume de pirate d’une amie, chapeau qui traînait chez ses grands-parents et peluche de cheval. Cette année, ce sera un clown : vêtements colorés avec de gros pompons posés avec de la colle chaude, bretelles du mariage de son parrain cet été et vieille perruque que j’ai moi-même mise étant petite.

On manque tous d’heures dans une journée. Je comprends les parents qui préfèrent acheter un déguisement, que ce soit pour se faciliter la vie ou pour faire plaisir à leurs enfants qui veulent être costumés en leur personnage préféré. Pour éviter de surconsommer (parce qu’à la vitesse où ils grandissent, les costumes ne font pas longtemps!), c’est bien de constater qu’on peut en fabriquer soi-même en trouvant des idées sur Pinterest, entre autres. On voit aussi plusieurs familles se procurer des costumes seconde main sur les bazars en ligne ou faire des échanges avec les amis et la famille, ce qui fait vivre le déguisement un peu plus longtemps.

Au final, il faut que l’Halloween reste une fête de plaisir. Si on peut lui donner un p’tit coup de pouce écolo (et écono, on se le cachera pas!), c’est tant mieux pour nous, pour nos enfants et pour la planète.