L’année n’est pas terminée, mais je sais déjà que je vais me faire bombarder de courriels, publicités ou carrément de questions des gens qui m’entourent concernant mes résolutions. Et on s’entend, une grosse partie de ces messages concerneront la (re)mise en forme et la perte de poids. On dirait que ça va avec, ou plutôt, ça suit le temps des Fêtes. “Bourre-toi la face, mais assure-toi de tout perdre après!”.

On culpabilise à l’année longue sur une tonne d’aspects de nos vies, entre le temps consacré à nos enfants, à nous ou notre couple, notre famille, nos amis. Ou aux valeurs qui nous tiennent à cœur et qui sont parfois bien écorchées avec le temps des Fêtes, au contact de ceux qui ne sont pas d’accord. On a toutes sortes de raisons de culpabiliser, parfois c’est futile, mais quand même important pour nous. Parfois c’est plus important encore, mais on joue un peu à l’autruche…

Puis la nouvelle année arrive…

Quoi qu’il en soit, je sais qu’on sera plusieurs à se demander pourquoi on se fait bousculer de la sorte et à sentir toute cette pression sociale. On chérit les contacts humains dans le temps des Fêtes, on se rappelle comme c’est important d’être bien entourés, de donner sans attente, de simplement savourer le moment présent malgré le tourbillon de partys et autres rassemblements de famille et d’amis.

Mais aussitôt que la nouvelle année embarque, on retombe dans ce “pattern” trop souvent négatif et malsain de culpabilité, de soucis d’apparence et on oublie de se donner du temps, pour vrai. Ça peut sembler contradictoire, mon message. Et si vous saviez comme j’espère que pour vous, ce n’est pas aussi déchirant! Mais soyons réalistes… Trop de gens encore sentiront une pression sociale plutôt qu’un boost de motivation au contact de ces invitations à rejoindre des défis de remise en forme. Ai-je besoin de parler des messages privés de “coachs de motivation”? Je prévois déjà qu’il y aura une recrudescence de message de leur part…

En prendre et en laisser…

Clairement, pour certains, c’est un moteur inspirant. Et tant mieux si ça les aide! Mais pour d’autres, ça leur amène surtout du négatif, ça leur fait oublier de canaliser leurs énergies sur ce qu’ils ont mis, eux, au sommet de leurs priorités, laissant la place aux remises en question et se sentant pris au piège de la culpabilité. Car on le sait, on n’a pas tous les mêmes priorités, nos valeurs ne sont pas toutes les mêmes ou dans le même ordre. Et c’est bien correct comme ça. Faut simplement faire avec ou revoir le tout.

Mais si on sent chaque année le besoin de se remettre en question de la sorte, ne devrait-on pas plutôt se rappeler pourquoi on n’a rien changé les années précédentes? Et a-t-on réellement besoin du 1er janvier pour faire cet exercice-là? Si l’idée est de prendre soin de soi physiquement et à long terme, pourquoi ne pas commencer avant? Qu’a de magique le 1er janvier pour donner l’impression que tout peut aller mieux en changeant de calendrier?

Et si on est bien avec nos choix, qu’on arrive à bien vivre avec le jugement des autres le reste de l’année ou que l’on se passe bien de ce genre de culpabilité normalement, pourquoi ré-inviter chez nous ce qui nous gruge négativement si ça nous fait au final toujours plus de mal que de bien?

Je pense qu’il est important d’apprendre à se connaître vraiment, et malgré tout, ça peut être une bonne idée de se donner un objectif pour la prochaine année. Mais personnellement, je m’en donnerai un qui me donnera envie de me dépasser plutôt que de me culpabiliser et me rappeler mes fautes ou mes faux pas. J’ai déjà trop donné en ce sens, j’ai besoin de mieux, je mérite mieux.

Vous, comment gérez-vous la nouvelle année et tout ce qui vient avec? Vous faites-vous une liste de résolutions?

– Isabelle

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