Notre blogueuse invitée, Zoé L-Sirois, avec son blog Cinq minutes pour jouer , inspire les grands à prendre le temps de jouer avec les petits, simplement. Simplicité volontaire, bienveillance, parentalité positive et pédagogies alternatives au quotidien, des valeurs qui la touchent et qu’elle transmet par ses textes. 

Allez lui donner de l’amour sur sa page! 

 


 

« Il faudrait leur dire maman, que ça pollue la planète »

Je me souviendrai toujours de la première fois que ma fille aînée a lu un livre sur la pollution. Choquée par ce qu’elle venait de lire, elle a voulu prendre action. Son premier réflexe a été d’avoir envie d’avertir les autres. Elle a proposé de faire des affiches pour informer tout le quartier de ce que la pollution faisait aux animaux. Ma grande s’est rapidement mise à la tâche, elle a écrit une affiche avec avertissement qu’elle a ensuite recouvert de plastique récupéré (pour la protéger de la pluie). Cette pancarte est restée plusieurs semaines sur notre porte.

Parce que voyez-vous, grâce à sa naïveté enfantine, c’était la seule hypothèse qui faisait du sens. Si les gens polluent, c’est qu’ils ne savent pas. C’est logique comme raisonnement pour un enfant de 6 ou 7 ans, incapable d’imaginer qu’un humain choisisse consciemment de causer du tort.
Bien assez vite, elle découvrira que les gens savent mais ne s’en soucient pas.

Je suis une mère qui valorise l’honnêteté avec mes enfants tout autant que je tiens à protéger leur enfance. Pour être honnête, parfois je me sens piégée entre ces deux valeurs. Un jour, j’ai eu à me poser la question délicate : « Comment parler du sort de notre planète aux enfants sans les inquiéter?”

J’ai choisi de favoriser chez eux un amour de la nature, un souci de bien faire pour la planète, sans tomber dans l’extrême pour leur éviter de développer une anxiété. On dit qu’il vaut mieux que tous posent de petits gestes imparfaits que de n’avoir qu’une poignée de gens dans la perfection zéro déchet. C’est cette ligne de pensée que j’ai choisi de suivre avec elles. Souligner, modeler des gestes aidants sans accorder d’importance aux erreurs de parcours.

Concrètement, nous racontons à nos enfants des contes sur la nature et sa beauté. Nous normalisons l’utilisation du réutilisable et de l’achat en vrac. Nous discutons avec eux des changements, des petits pas qu’on pourrait faire en famille. Nous favorisons les couches lavables et l’usagé. Nous ne freinons pas leurs élans lorsqu’ils ont envie de prendre action. Nous nourrissons leurs connaissances sur la nature, les oiseaux, les insectes, les plantes. On prend soin de ce qu’on connaît plus facilement, c’est pourquoi nous souhaitons les garder près de la nature.

Nous sommes à une époque bien particulière. Nos enfants vivent en plein changement climatique et il est difficile (et non-souhaitable!) de faire comme si de rien n’était. Notre planète a besoin plus que jamais d’une génération accordant plus d’importance à la nature qu’aux possessions matérielles éphémères. Je crois qu’une enfance naïve et joyeuse, à côtoyer la nature, à connaître son importance, c’est le meilleur outil à leur donner.

Parce que, quand on tient à quelque chose, savoir suffit à nous donner envie d’agir.